RDC: Tshisekedi contraint de "prêter serment" à domicile, des échauffourées
 KINSHASA (AFP) - 23.12.2011 16:59
L'opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté la réélection de Joseph Kabila et s'est autoproclamé président "élu" de la République Démocratique du Congo, a prêté "serment" vendredi chez lui à Kinshasa, après que la police a réprimé toute tentative de rassemblement de ses partisans en public.
L'opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté la réélection de Joseph Kabila et s'est autoproclamé président "élu" de la République Démocratique du Congo, a prêté "serment" vendredi chez lui à Kinshasa, après que la police a réprimé toute tentative de rassemblement de ses partisans en public.
Tôt le matin les autorités ont déclaré interdite la manifestation prévue au stade de Martyrs à partir de 10H00 (09H00 GMT) lors de laquelle l'opposant de 79 ans devait "prêter serment" devant "le peuple congolais", comme il l'avait annoncé lui-même dès dimanche.
"Il n'y a pas de manifestation, elle est interdite. Il y a déjà un président élu qui a prêté serment. On ne peut pas prêter serment à nouveau, c'est un acte de subversion. On doit empêcher de poser cet acte contraire à la Constitution", a déclaré à l'AFP une source policière.
Les forces de l'ordre ont rapidement bouclé le quartier Limete, dans l'est de la capitale, où M. Tshisekedi a sa maison non loin du siège de son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Les regroupements de ses partisans y ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène par la police.
En milieu d'après-midi, devant l'impossibilité de se rendre devant l'imposant stade des Martyrs, M. Tshisekedi a prêté serment dans sa modeste maison, dehors sous un abri, en présence de plusieurs dizaines de ses partisans et de responsables politiques de l'opposition, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Je jure solennellement de respecter la Constitution et les lois de la République et de défendre son unité nationale et l'intégrité de son territoire", a énoncé M. Tshisekedi, chemise blanche, costume et cravate sombre et portant son éternelle casquette, la main droite levée et la gauche sur une bible. Un tapis rouge avait été déroulé jusqu'à l'endroit il se tenait debout.
"Ce jour du 23 décembre 2011 représente pour le peuple congolais l'aboutissement de 30 ans de lutte pour la démocratie et l'Etat de droit", a-t-il ensuite assuré dans une courte déclaration.
"Votre confiance ne sera pas déçue. Nous allons construire un pays, notre pays, plus beau qu'avant", a-t-il promis avant d'annoncer la publication dans les prochains jours d'un "programme de gouvernement".
La cérémonie a été qualifiée de "farce" par le porte-parole du gouvernement, Lembert Mende.
"Le chef de l'Etat ne prête serment que devant la Cour suprême, vous avez vu un juge de la Cour suprême ? C'est de la farce! C'est un événement qui est nul et de nul effet. Pour nous, c'est un non événement", a-t-il déclaré à l'AFP.
Dans la matinée, les forces de l'ordre s'étaient massivement déployées aux abords du stade des Martyrs, enceinte de 80.000 places près du centre-ville, empêchant les partisans du leader de l'UDPS de se rassembler et arrêtant plusieurs dizaines de manifestants.
"Le Congo n'a pas voté pour Kabila. Le président légitime c'est Etienne Tshisekedi, c'est pour lui que nous avons voté, c'est lui qui doit diriger le pays", a expliqué à l'AFP devant le stade un homme d'une trentaine d'années.
Ailleurs la ville est restée calme, les commerces étaient ouverts et les taxis ont circulé.
Le carton d'invitation pour la "cérémonie de prestation de serment du président élu" M. Tshisekedi, titré "Présidence de la République, protocole d'Etat", donnait un programme détaillé, avec notamment l'arrivée minutée des "officiers supérieurs" de l'armée et de la police, "des hauts magistrats", "des ambassadeurs" ou encore "des présidents de pays frères et amis".
Etienne Tshisekedi s'est autoproclamé "président élu" après avoir rejeté les résultats de la présidentielle à un tour du 28 novembre, entachée de nombreuses irrégularités que des missions d'observation et plusieurs pays ont notamment dénoncées.
Joseph Kabila a été réélu pour un second quinquennat avec 48,95% des suffrages, contre 32,33% à son rival, arrivé deuxième devant neuf autres candidats. Il a été officiellement investi et a prêté serment mardi à Kinshasa.
© 2011 AFP
© Congo Vision
Au RD-Congo, l'opposant Etienne Tshisekedi défie le pouvoir
( La Croix 23/12/2011)
Vendredi 23 décembre, Étienne Tshisekedi doit s'auto-investir président de la RD-Congo.
Alors qu'il vient de fêter son 79e anniversaire, Étienne Tshisekedi ne veut pas renoncer à la présidence de la République démocratique du Congo. Ce docteur en droit organise aujourd'hui sa propre cérémonie d'investiture au stade des Martyrs, à Kinshasa, trois jours après celle de Joseph Kabila.
Le 9 décembre, Étienne Tshisekedi s'était déjà autoproclamé président, après avoir rejeté les résultats provisoires de l'élection présidentielle à un tour du 28 novembre, annoncés par la commission électorale. Celle-ci donnait Joseph Kabila gagnant avec 48,95 %, Étienne Tshisekedi arrivant en deuxième position avec 32,33 % des suffrages.
L'élection avait été ponctuée par de nombreuses irrégularités relevées par les observateurs nationaux et internationaux. Ces critiques multiples jettent un doute sérieux sur la légitimité des résultats. Étienne Tshisekedi espère bien en tirer profit, lui qui a, dans le passé, construit sa notoriété en s'opposant au dictateur Mobutu Sese Seko.
«Cette figure d'opposant historique ne correspond pas exactement à la réalité»
« Cette figure d'opposant historique, diffusée par les partisans de Tshisekedi, ne correspond pas exactement à la réalité. On oublie qu'il a été un proche de Mobutu dans les années 1960 et 1970 » , prévient Cyril Musila, chercheur associé au programme Afrique subsaharienne de l' Institut français des relations internationales (Ifri) et observateur international pour l'élection du 28 novembre.
Il rappelle qu'en 1965, « lorsque Mobutu s'empare du pouvoir par un coup d'État, Tshisekedi est nommé ministre de l'intérieur. Deux ans plus tard, il participe à la rédaction de la Constitution congolaise et rédige, avec d'autres, le Manifeste de la Nsele, texte qui crée le Mouvement populaire de la révolution, le parti unique du Congo pendant des années. »
La rupture entre les deux hommes est consommée en 1980, après le refus de Mobutu de le nommer à la présidence de l'Assemblée nationale. Deux ans plus tard, Tshisekedi crée le premier parti d'opposition, l'Union pour le progrès et la démocratie sociale (UPDS). « Dans les années 1990, l'UPDS était le lieu de la contestation du régime Mobutu. Il démontait le système en place. Presque tous les étudiants avaient la carte de l'UPDS, rappelle Cyril Musila. Mais que reste-t-il de cette aura ? Pas grand-chose. Tous les cadres fondateurs, presque tous les militants des années 1990, ont quitté le parti. Étienne Tshisekedi est apparu trop autoritaire. »
«Aujourd'hui, les Congolais n'aspirent qu'à une chose: vivre en paix et en sécurité»
En organisant sa propre cérémonie d'investiture, a-t-il des chances de soulever les foules ? « Il n'a plus la même assise populaire que dans les années 1990 et il n'est pas soutenu par les puissances régionales et internationales, répond Cyril Musila. Aujourd'hui, les Congolais n'aspirent qu'à une chose : vivre en paix et en sécurité. »
Signe de cette impuissance ? Son appel à l'armée et à la police à arrêter Joseph Kabila, lancé dimanche 18 décembre , n'a été suivi d'aucun effet. Et il devra affronter des forces de sécurité bien décidées à défendre le régime en place. Selon l'ONG Human Rigths Watch, elles ont déjà tué 24 personnes et arrêté arbitrairement des dizaines de personnes issues de l'opposition depuis le 9 décembre.
LAURENT LARCHER © Copyright La Croix
RDC : Etienne Tshisekedi a «prêté serment» à son domicile
Empêché par la police de se rendre au stade des Martyrs, Etienne Tshisekedi a «prêté serment» ce vendredi 23 décembre dans le jardin de sa résidence située dans la commune de Limete. Arrivé en deuxième position (32,33%) à la présidentielle du 28 novembre derrière Joseph Kabila (48,95%), le président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) conteste ces résultats et se considère comme le président élu . Selon le cabinet d'Etienne Tshisekedi, la cérémonie a eu lieu devant quelques militants de son parti et des membres de l'Opposition.
Tôt dans la matinée, toutes les issues menant à la 10 e rue, siège de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et de la résidence du leader de ce parti étaient bloquées par les éléments de la Police nationale congolaise (PNC). Equipés des Mags, Kalachnikov et lance-roquettes, les militaires dela Garderépublicaine (ex-garde présidentielle) ont sillonné le boulevard Lumumba au courant de la journée.
Des coups de feu sporadiques ont été entendus toute la matinée dans les communes de Kinshasa, Lingwala et Kasa-Vubu et les quartiers périphériques du stade des Martyrs à Kinshasa. La police dispersait les militants de l'UDPS qui se rendaient à cette enceinte sportive où était prévue la cérémonie de «prestation de serment» de leur leader.
La police a procèdé à des arrestations dans les quartiers environnant le stade des Martyrs et dispersé les militants de l'UDPS à coup de gaz lacrymogène. La panique s'est emparée des habitants des communes de Kasa-Vubu, Kinshasa et Kalamu.
Un militant poursuivi par la police, a marché sur des fils électriques. Il a été électrocuté et est mort quelques minutes plus tard. Une autre personne blessée par balle perdue est internée dans un centre médical. A la place victoire dans la commune de Kalamu, un lieu grouillant de monde en temps normal, les activités ont tourné au ralenti. Les magasins d'habillement et même les boutiques de vente des pièces de rechange pour automobile sont restés fermés durant toute la journée.
Cependant un calme relatif a régné dans la partie Ouest de la ville de Kinshasa. Les parents ont envoyé leurs enfants à l'école dans la matinée mais les effectifs n'ont pas atteint leur niveau habituel.
Radio Okapi
23/12/2011
«Prestation de serment» de Tshisekedi: les activités paralysées à Mbuji-Mayi
La ville de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental) a connu une journée morne ce vendredi 23 décembre. La plupart d'écoles, bureaux de l'administration publique et marchés sont restés fermés. La population affirme observer l'évolution de la situation au cours de la journée. A la base: l'annonce de la prestation de serment ce vendredi au stade des Martyrs d'Etienne Tshisekedi, président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Les écoles qui avaient ouvert ont renvoyé les élèves avant l'heure. Même situation dans les institutions universitaires où les étudiants venus tôt ce matin ont été contraints de rentrer à la maison.
Rares sont ces entreprises qui ont ouvert les portes. Les compagnies de télécommunication n'ont pas enregistré de la clientèle habituelle.
A la Fonction publique, quelques agents étaient à peine visibles. L'un d'eux a justifié l'absence de ses collègues par la « prestation de serment » d'Etienne Tshisekedi.
«Les gens ont peur des balles perdues, des tracasseries des policiers. C'est pourquoi ils se sont retenus», a-t-il déclaré.
De son côté, le ministre provincial de l'Intérieur avait appelé la population à vaquer librement à ses occupations et à se rendre au service. Selon lui, les activités n'ont pas tourné normalement à Mbuji-Mayi à cause des menaces des partisans de certains partis de l'opposition.
Radio Okapi
23/12/2011
RDC : Le vendredi de tous les dangers
( Les Afriques 23/12/2011)
Depuis la proclamation des résultats de l'élection présidentielle, le 9 décembre 2011, la République Démocratique du Congo (RDC), n'a pas connu de répit. Il y a de forts chances que l'on s'y achemine vers un scénario à l'ivoirienne avec deux chefs d'Etat proclamés, si l'opposant Etienne Tshisekedi va jusqu'au bout de sa menace, et prêter serment comme président, vendredi 23 décembre.
Décidément, la RDC, un des plus vastes pays d'Afrique, ayant des frontières avec quelque 9 Etats, n'arrive toujours pas à se départir de ses vieux démons. Etienne Tshisekedi, crédité de 32% des voix à la présidentielle contre 49% pour Joseph Kabila, par les résultats officiels de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), se considère toujours comme vainqueur. De son domicile de Kinshasa, il a lancé un appel, dimanche 18 décembre, au peuple congolais pour être présent ce vendredi, lorsqu'il va prêtre serment.
Pourtant, l'investiture de Joseph Kabila à la présidence de la république a déjà eu lieu le 20 décembre dans la capitale. Il est vrai que le chef de l'Etat congolais entame un second mandat dans un climat de contestations et de violences. Depuis la campagne, l'ONG Human, Rights Watch a dénombré au moins 24 morts. Des informations confirmées par plusieurs autres sources. D'ailleurs pour calmer le jeu, la Céni a jugé utile de suspendre le décompte des voix pour les législatives, dont les résultats définitifs devraient être proclamés le 13 janvier 2012. La commission évoque cette suspension par l'attente d'un soutien technique internationale pour garantir la transparence et la crédibilité des législatives.
Le pays a besoin de tous ses fils Aujourd'hui, tous les observateurs s'accordent à dire que les moyens techniques et humains constituent un préalable à l'organisation d'élections. Sachant que le degré zéro de manquements n'est pas du possible, les congolais gagneraient à œuvrer ensemble, pouvoir et opposition, pour le bien-être d'un peuple qui vit les affres de la guerre, depuis les lendemains de la décolonisation. Pour le cas de la RDC, les observateurs internationaux ne manquent pas, notamment de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), de l'Union européenne, et d'ONG, voire de chancelleries de pays amis, présent sur le sol congolais.
Daouda MBaye
© Copyright Les Afriques
Au RD-Congo, l'opposant Etienne Tshisekedi défie le pouvoir
Vendredi 23 décembre, Étienne Tshisekedi n'a finalement pas réussi à s'auto-investir président de la RD-Congo. La police a réprimé toute tentative de rassemblement de ses partisans. Le président sortant Joseph Kabila, proclamé vainqueur après un scrutin controversé, a, lui, été investi mardi 20 décembre.
Alors qu'il vient de fêter son 79 e anniversaire, Étienne Tshisekedi ne veut pas renoncer à la présidence de la République démocratique du Congo. Ce docteur en droit devait organiser vendredi 23 décembre sa propre cérémonie d'investiture au stade des Martyrs, à Kinshasa, trois jours après celle de Joseph Kabila . Mais l'intervention des forces de l'ordre qui ont bouclé son quartier d'habitation et procédé à l'arrestation de plusieurs manifestants l'en a empêché.
Le 9 décembre, Étienne Tshisekedi s'était déjà autoproclamé président , après avoir rejeté les résultats provisoires de l'élection présidentielle à un tour du 28 novembre, annoncés par la commission électorale. Celle-ci donnait Joseph Kabila gagnant avec 48,95 %, Étienne Tshisekedi arrivant en deuxième position avec 32,33 % des suffrages.
L'élection avait été ponctuée par de nombreuses irrégularités relevées par les observateurs nationaux et internationaux. Ces critiques multiples jettent un doute sérieux sur la légitimité des résultats. Étienne Tshisekedi espère bien en tirer profit, lui qui a, dans le passé, construit sa notoriété en s'opposant au dictateur Mobutu Sese Seko.
«Cette figure d'opposant historique ne correspond pas exactement à la réalité»
« Cette figure d'opposant historique, diffusée par les partisans de Tshisekedi, ne correspond pas exactement à la réalité. On oublie qu'il a été un proche de Mobutu dans les années 1960 et 1970 » , prévient Cyril Musila, chercheur associé au programme Afrique subsaharienne de l' Institut français des relations internationales (Ifri) et observateur international pour l'élection du 28 novembre.
Il rappelle qu'en 1965, « lorsque Mobutu s'empare du pouvoir par un coup d'État, Tshisekedi est nommé ministre de l'intérieur. Deux ans plus tard, il participe à la rédaction de la Constitution congolaise et rédige, avec d'autres, le Manifeste de la Nsele, texte qui crée le Mouvement populaire de la révolution, le parti unique du Congo pendant des années. »
La rupture entre les deux hommes est consommée en 1980, après le refus de Mobutu de le nommer à la présidence de l'Assemblée nationale. Deux ans plus tard, Tshisekedi crée le premier parti d'opposition, l'Union pour le progrès et la démocratie sociale (UPDS). « Dans les années 1990, l'UPDS était le lieu de la contestation du régime Mobutu. Il démontait le système en place. Presque tous les étudiants avaient la carte de l'UPDS, rappelle Cyril Musila. Mais que reste-t-il de cette aura ? Pas grand-chose. Tous les cadres fondateurs, presque tous les militants des années 1990, ont quitté le parti. Étienne Tshisekedi est apparu trop autoritaire. »
« Aujourd'hui, les Congolais n'aspirent qu'à une chose: vivre en paix et en sécurité»
En organisant sa propre cérémonie d'investiture, a-t-il des chances de soulever les foules ? « Il n'a plus la même assise populaire que dans les années 1990 et il n'est pas soutenu par les puissances régionales et internationales, répond Cyril Musila. Aujourd'hui, les Congolais n'aspirent qu'à une chose : vivre en paix et en sécurité. »
Signe de cette impuissance ? Son appel à l'armée et à la police à arrêter Joseph Kabila, lancé dimanche 18 décembre , n'a été suivi d'aucun effet. Et il devra affronter des forces de sécurité bien décidées à défendre le régime en place. Selon l'ONG Human Rigths Watch , elles ont déjà tué 24 personnes et arrêté arbitrairement des dizaines de personnes issues de l'opposition depuis le 9 décembre.
LAURENT LARCHER
La Croix.com
Dernière modification : 23/12/2011 - Joseph Kabila - RD Congo
L'opposant Tshisekedi contraint à "prêter serment" à domicile
Étienne Tshisekedi, qui conteste la réélection de Joseph Kabila et s'est autoproclamé président de la RD Congo, a dû prêter serment dans sa résidence de Kinshasa après l'interdiction d'un rassemblement de ses partisans dans un stade de la capitale.
Par Dépêche (texte)
AFP - L'opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté la réélection de Joseph Kabila à la présidentielle et s'est autoproclamé président "élu" de la RD Congo, a prêté "serment" vendredi chez lui à Kinshasa, après avoir été empêché de le faire en public comme il le souhaitait, a constaté l'AFP.
M. Tshisekedi a prêté serment dans sa maison du quartier de Limete à Kinshasa, en présence de plusieurs dizaines de ses partisans et responsables politiques de l'opposition, a constaté une journaliste de l'AFP. Les autorités avaient interdit un rassemblement prévu le matin dans un stade de la capitale où l'opposant voulait faire sa prestation "devant le peuple congolais".
Avant la prestation, son directeur de cabinet, Albert Moleka, a lu une déclaration affirmant qu'"aujourd'hui marque d'une empreinte indélébile l'histoire de notre pays qui est passé du régime dictatorial transitant, par celui oligarchique, animé par M. Kabila et sa suite, à celui réellement démocratique, où le peuple congolais s'est choisi un président de la République par la voie des urnes".
M. Tshisekedi a ensuite prêté serment la main droite levée et la gauche sur une bible.
Dans la matinée, la police a réprimé toute tentative de rassemblement des partisans de l'opposant dans le stade des Martyrs à Kinshasa, imposante enceinte de 80.000 places, où devait avoir lieu la prestation de serment.
"Il y a déjà un président élu qui a prêté serment. On ne peut pas prêter serment à nouveau, c'est un acte de subversion. On doit empêcher de poser cet acte contraire à la Constitution", a déclaré à l'AFP une source policière pour expliquer la raison de l'interdiction du rassemblement.
L'opposant de 79 ans s'est autoproclamé "président élu" après avoir rejeté les résultats de l'élection présidentielle à un tour du 28 novembre, entachée de nombreuses irrégularités dénoncées notamment par des missions d'observation et plusieurs pays.
France 24
23/12/2011 / République démocratique du Congo
Interdit de stade des Martyrs, un pro-Tshisekedi raconte : "Les soldats tiraient en l'air pour nous effrayer"

Alors qu'Etienne Tshisekedi, l'opposant autoproclamé "président élu" de la République démocratique du Congo, vient de prêter serment dans sa résidence à Kinshasa, ses partisans arrivent au compte-goutte aux abords du stade des Martyrs où il avait prévu de donner un discours mais dont l'accès a été bloqué par une armada militaire. Notre Observateur fait partie des militants qui se sont déplacés.
Les autorités congolaises ont interdit vendredi le rassemblement prévu par Etienne Tshisekedi au stade des Martyrs situé dans la commune de Lingwala au nord de Kinshasa. Un stade de 80 000 places où le candidat de l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), arrivé second à l'élection présidentielle du 28 novembre, avait annoncé vouloir "prêter serment" après avoir rejeté la réélection de Joseph Kabila, dénonçant un scrutin entaché d'irrégularités.
À la mi-journée, plusieurs partisans du candidat ont été arrêtés alors qu'ils se dirigeaient vers la résidence de leur candidat.

Situé dans la commune de Limete à l'est de la capitale, le domicile d'Etienne Tshisekedi est actuellement encerclé par les forces de l'ordre . Le président autoproclamé a finalement prêté serment chez lui en début d'après midi, en présence de plusieurs dizaines de ses fidèles partisans et de personnalités politiques de l'opposition.
Depuis plusieurs jours, des chars sont déployés aux abords du stade. Dans l'après midi, des éléments de la Garde républicaine à pied et en pick-up continuaient à disperser les manifestants.
"J'ai couru me réfugier vers un parking et il y avait des personnes blessées qui s'étaient mises à l'abri dans des voitures"
MoonCongo (pseudonyme) vit à Kinshasa. Il est sympathisant de l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), le parti d'Etienne Tshisekedi.

La ville est quadrillée par la Garde républicaine, Tshisekedi ne peut pas sortir de sa résidence et nous ne pouvons pas le rejoindre, parce qu'il est très difficile de circuler dans la zone étant donné le grand nombre de soldats postés aux abords du stade où nous nous trouvons.
Ce matin, nous avions rendez-vous avec des amis de mon quartier pour nous rendre au stade. Nous nous sommes séparés en petits groupes et sommes montés dans des bus différents pour nous fondre dans la population. Les soldats sont partout et si on se déplace en bande, on se fait vite repérer.
Arrivé à proximité du stade, j'ai bien vu qu'on ne pourrait pas rentrer. Les hommes de la Garde républicaine font barrage et tirent des gaz lacrymogènes sur quiconque s'approche. Ils tirent aussi en l'air pour nous faire peur. À un moment, j'ai couru me réfugier dans un parking où des personnes blessées s'étaient mises à l'abri dans des voitures. Parmi les nombreux partisans présents, il y avait beaucoup de femmes, dont le groupe qui avait manifesté devant l'ambassade américaine [plusieurs femmes de l'opposition ont organisé le 19 décembre un sit-in devant l'ambassade des Etats-Unis à Kinshasa pour demander une médiation internationale ndlr]. Les soldats ne laissent personne pénétrer dans le stade, pas même les journalistes. J'en ai vu un présenter sa carte de presse, mais il n'y avait rien à faire. Et ils confisquent systématiquement les téléphones portables et les appareils photos des gens."
COMMUNIQUE UDPS
Le Président élu de la République Démocratique du Congo, le Dr Etienne Tshisekedi wa Mulumba, a prêté le serment présidentiel ce vendredi 23 décembre 2011 dans sa résidence de Limete. De source sûre, nous venons d'avoir des informations alarmantes d'un complot en préparation pour son enlèvement ce soir par le camp de Kabila en vue de l'assassiner.
Depuis 17 heures les éléments de la Garde Républicaine lourdement armés menacent d'arrêter les agents de la Police Nationale Congolaise qui assurent sa sécurité. Toutes les avenues de Limete sont bloquées par la police, pas d'entrée, même pour les habitants du quartier. Toutes les sorties sont soumises a une fouille systématique. La permanence de l'Udps a été également saccagée par des hommes armes en tenue civile.
Après le hold-up électoral dont le monde entier a été le témoin, nous alarmons le peuple congolais et toute la communauté internationale sur le réel danger qui guette le Président de la République et dénonçons le complot des usurpateurs sans scrupules prêts à utiliser de tous les moyens, y compris l'assassinat, pour se maintenir au pouvoir.
Vive la République Démocratique du Congo,
Vive le Président de la République
Vive Etienne Tshisekedi wa Mulumba. A bas la peur!
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Raphaël KASHALA Secrétaire Général
Congo Nord Sud asbl
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