Situation confuse à l'Unikin
( Le Potentiel 27/04/2011)
Y a-t-il eu mort d'homme le mardi 26 avril 2011 sur le site du campus de l'Université de Kinshasa (Unikin) ? Des témoignages divergent. Pour l'Inspection provinciale de la Police nationale congolaise, ville de Kinshasa (IPKIN), il n'y a pas eu de perte en vie humaine si ce ne sont que quelques dégâts matériels mineurs. Point de vue défendu par le comité de gestion de l'Unikin. Mais, des sources indépendantes, dont celles proches de l'Association des professeurs de l'Unikin (APUKIN), font état d'un décès par balles dans les rangs de la garde universitaire. Bref, la confusion est totale.
Des accrochages ont eu lieu hier mardi sur le campus de l'Universités de Kinshasa entre les éléments de la Police nationale congolaise et les étudiants. A la base, la majoration par le comité de gestion de l'Unikin, des frais d'enrôlement aux examens mais également des frais de dépôt de mémoire, etc. Majoration à laquelle se sont opposés les étudiants. Ils ont trouvé cette hausse étouffante dans le contexte actuel.
S'agissant du bilan des incidents, tout le monde s'accorde sur l'importance de dégâts matériels mais des divergences persistent quant au nombre des victimes. Des sources universitaires font état d'un mort dans les rangs de la garde universitaire. Celui-ci aurait succombé en fin de journée de ses blessures par balles aux Cliniques universitaires de Kinshasa. Quant à l'Inspection provinciale de la PNC, elle ne mentionne aucune perte en vie humaine. Qui dit vrai? La confusion est à son comble.
Ces incidents étaient évitables, et l'Unikin pouvait être épargnée des dégâts que l'on déplore aujourd'hui, soutiennent des observateurs avisés. Selon ces derniers, c'est la culture du dialogue qui a fait défaut. Les protestations des étudiants font suite à l'absence du compromis. Il nous revient que la réunion convoquée le samedi 23 avril 2011 par le secrétaire général académique avec les représentants des étudiants s'est terminée en queue de poisson. Toutes les parties ayant choisi de camper sur leurs positions.
Il sied de noter que des sources universitaires rapportent qu'à l'issue de cette réunion, le secrétaire général académique de l'Unikin s'est montré intransigeant en rejetant sans appel toutes les propositions lui soumises par les représentants des étudiants. Cela, semble-t-il, sur un ton caporaliste du genre « c'est moi seul qui décide, les frais sont majorés, c'est à prendre ou à laisser ». Ce n'était pas moins une déclaration de guerre. Voilà la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase.
Débordé par la réaction des étudiants, le comité de gestion de l'Unikin a dû faire appel aux éléments de l'IPKIN qui auraient, renseignent des témoignages recueillis sur place, ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants afin de les contenir.
Informés des faits, le ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (Esu), Léonard Mashako Mamba, et l'Inspecteur de la PNC de la ville de Kinshasa, le général Jean de Dieu Oleko, ont effectué une descente sur terrain.
Jusque hier dans la soirée, le calme était revenu sur le site universitaire. Mais, des stigmates des accrochages de la journée étaient encore visibles.
Eviter les erreurs du passé
Y avait-il réellement urgence de faire usage des armes à feu pour venir à bout des étudiants non armés ? N'y avait-il pas un autre moyen de contenir cette émeute ? Des questions qui attendent réponses au regard du bilan macabre des événements du mardi 26 avril 2011 à l'Unikin.
A l'Association des professeurs de l'Unikin (APUKIN), on pointe du doigt Léonard Mashako, ministre de l'Esu et professeur de son état. Il lui est reproché d'avoir allumé le feu qui a conduit au flou dans lequel baignent l'ensemble des établissements de l'Esu. Sa « cure » n'aurait pas apporté les effets attendus. L'APUKIN rappelle l'agitation qui avait secoué l'Université pédagogique nationale (UPN) suite à une décision du ministre Mashako suspendant des facultés et départements jugés incompatibles, selon lui, à la vocation de l'UPN. La levée de la mesure par le Premier ministre, quelques jours plus tard, a pu permettre le retour au calme à l'UPN.
D'aucuns estiment qu'un cancer aurait atteint les établissements de l'Esu. Selon eux, le gouvernement a intérêt à extirper ce mal avant qu'il n'atteigne la phase de métastase. Les incidents du mardi 26 avril 2011 à l'Unikin devraient interpeller le gouvernement et lui rappeler l'urgence de parer au plus pressé, bien avant que l'irréparable de ne se reproduise. En ce temps de consolidation de l'Etat de droit, la RDC n'a plus besoin d'un nouveau massacre des étudiants sur son sol.
Par Le Potentiel
© Copyright Le Potentiel
Ministre Mashako : Attention au Printemps Arabe au Congo
Si le professeur Mashako Mamba continue à prendre des décisions unilatéralement et sans consulter les étudiants ni tenir compte des leurs conditions socio-économiques, il risqué sans le savoir ni le vouloir de déclencher une « Révolution de jasmin » à la congolaise aux conséquences incalculables. Si rien n'est fait pour tempérer les excès du ministre Mashako, il arrivera un jour une situation que le gouvernement ne saura contrôler. Imaginer le jour où tous les étudiants de l'ISTA, de l'UNIKIN, de l'ISC, de l'UPN, de l'UNIKIS, de l'UNILU… décideront de déclencher un mouvement de protestation simultanément !
Ainsi que nous l'avions dénoncé dans le passé, si le ministre de l'ESU continue à gérer le secteur de l'enseignement supérieur et universitaire comme il le fait, il risque d'être à l'origine d'un mouvement de contestation nationale au Congo à la dimension du printemps arabe. Le ministre Mashako Mamba doit certainement avoir été au courant de ces frais excessifs avant qu'ils aient été rendus public par les conseils administration. Même dans un pays si riche comme les USA, les étudiants ne paient pas d'argent pour déposer un travail de fin d'études ou de fin de cycle. Aux USA, les cartes d'étudiant ne coutent pas 25$.
Dans des pays développés, on ne paie pas les professeurs pour diriger un travail de fin d'étude.
Même dans un passe récente au Congo, les enseignants dirigeaient les mémoires ou simplement les lire, sans être payer. A quoi sert le salaire d'un professeur ? Voilà pourquoi il est important de bien payer les professeurs pour éviter ce genre de bévue.
Au Congo où les étudiants sont très pauvres, on exige des frais sans tenir compte des conditions sociales de la population. Le ministre Mashako compte punir les étudiants sans pouvoir adresser le problème de fond. Il ferme les établissements de l'ESU et certaines facultés ou certains départements sans tenir compte d'éventuelles réactions des étudiants. Et le gouvernement semble le laisser faire.
Le gouvernement compte remettre des véhicules aux enseignants aujourd'hui comme Mobutu l'a fait à la place d'une politique salariale décente du personnel enseignant. Il faut payer à ces professeurs un salaire qui leur permette d'acheter leurs propres véhicules plutôt que de leur offrir des cadeaux
à la veille des élections. Cette politique de dons clochardise nos enseignants. Voyez comment ils meurent tôt: cas du professeur Malu. A propos du Professeur Malu, avez-vous noté la date de la dernière publication des articles de ce grand professeur? 1973. C'est dire qu'il n'y a même pas une politique facilitant aux professeurs Congolais de faire connaitre leurs recherches au monde. A cause d'absence de partenariats stratégiques avec les universités à travers le monde, les enseignants Congolais n'ont pas d'accès facile à une littérature récente développée dans leurs domaines de recherche. Les revues scientifiques n'existent presque plus au Congo. Quelle honte?
Encore des troubles à l'Unikin !
( La Prospérité 27/04/2011)
*Un mort, plusieurs blessés et des dégâts matériels importants. Tel est le bilan provisoire et non officiel des échauffourées qui ont opposé hier, mardi 26 avril 2011, étudiants et certains éléments de la Police dépêchés sur le Campus. Il était question de rétablir de l'ordre, après un mouvement de contestation des apprenants de cet alma mater qui protestaient brutalement contre l'augmentation de certains frais académiques. A en croire le reporter de La Prospérité envoyé d'urgence à la Colline inspirée, plusieurs revendications des étudiants seraient à la base de ces troubles. Le Comité de gestion aurait majoré ou encore fixé unilatéralement certains frais et donc, sans concertation préalable avec la communauté estudiantine. Ainsi, les frais d'enrôlement seraient-ils passés de 5.000 FC à 25 $us pour la première et la deuxième session ; la carte d'étudiant de 0$us à 25$us ; les frais de dépôt du rapport de stage de 0$us à 15$us ; dépôt TFC de 50$us à 100$us ; dépôt mémoire de 75$us à 150$us. Approchés par La Prospérité, les étudiants affirment avoir tenté, mais en vain, de rencontrer le Recteur afin de renégocier tous ces frais. Selon eux, c'est le refus catégorique du Recteur de les recevoir qui a mis de l'huile au feu. Le Ministre de l'ESU, le Prof. Mashako Mamba qui est descendu sur le lieu pour constater les dégâts, a promis des sévères sanctions à l'endroit des fauteurs des troubles. Une commission d'enquête a été mise sur pied, pour établir les responsabilités.
Un mouvement de contestation a gagné hier, mardi 26 avril 2011, dans l'avant-midi, le Campus Universitaire de Kinshasa. Des étudiants de cet établissement d'enseignement supérieur et universitaire s'en sont pris brutalement aux bâtiments administratifs de l'Université. Alertée, la police aurait dépêché quelques éléments sur le lieu. Il s'en est suivi des échauffourées entre la police et les étudiants. Bilan provisoire et non officiel : un mort, plusieurs blessés et des dégâts matériels importants. A en croire le reporter de La Prospérité dépêché sur le site universitaire de l'Unikin, plusieurs revendications des étudiants de cet établissement public seraient à la base de ces troubles. Le Comité de gestion aurait majoré ou encore fixé unilatéralement certains frais et donc sans concertation préalable avec la communauté estudiantine. Ainsi, les frais d'enrôlement seraient passés de 5.000 FC à 25 $us pour la première et la deuxième session ; la carte d'étudiant de 0$us à 25$us ; les frais de dépôt du rapport de stage de 0$us à 15$us ; dépôt TFC de 50$us à 100$us ; dépôt mémoire de 75$us à 150$us. Approchés par La Prospérité, les étudiants affirment avoir tenté, mais en vain, de rencontrer le recteur afin de renégocier tous ces frais. Selon eux, c'est le refus catégorique du Recteur de les recevoir qui a mis de l'huile au feu. Avaient-ils droit de tout détruire sur leur passage ? Toutes les voies de recours étaient-elles épuisées ? Pas du tout, la violence provoque la violence. Elle n'a jamais été la vraie source de solution aux problèmes. En l'espèce, qui a raison et qui a tort ? Difficile à dire. Mais toujours est-il que les responsabilités devraient être partagées. D'autant plus que les gestionnaires de l'Université ont l'obligation de tout faire pour maintenir un climat apaisé dans le Campus. Et que tout acte de provocation devait être évité. D'ordinaire, lorsqu'il s'agit de revoir à la hausse les frais, le Comité de gestion a l'obligation de se concerter au préalable avec la Coordination des étudiants, pour éviter des décisions imposées et donc impopulaires.
Dans l'après-midi, signale-t-on, le Ministre de l'ESU, le Prof. Mashako Mamba est descendu en personne sur le lieu, accompagné du Bourgmestre de la Commune de Lemba pour constater les dégâts. Le Ministre Mashako a décidé de mettre sur pied une commission d'enquête chargée d'établir les responsabilités. Il promet des sanctions sévères à l'endroit des étudiants fauteurs des troubles. Pour une certaine opinion, le Ministre devrait plutôt s'attaquer à la cause des incidents qu'aux conséquences. Ici, la responsabilité première incombe au Comité de gestion qui n'a pas su prévenir ce qui est arrivé. Gérer, c'est prévoir, dit-on. En tout cas, calculatrice en main, un étudiant finaliste, outre les frais académiques exorbitants, doit en sus, débourser plus de 250$us. C'est inacceptable dans cet environnement où les parents dont la plupart sont des fonctionnaire de l'Etat, n'ont pas connu d'augmentation de salaire. Le bon sens aurait voulu qu'on négocie, au préalable, avec les étudiants, au lieu de leur imposer des frais qu'ils ne peuvent nullement être en mesure de payer. S'agissant de l'identité de la victime, des informations sont contradictoires. Certains parlent d'un gardien universitaire, d'autres d'un étudiant en médecine (D1) qui s'appellerait Masudi Mbisha. C'est encore à prendre un minimum de réserve jusqu'à ce que les autorités académiques se prononcent sur ce qui s'est réellement passé. Les blessés, quant à eux, auraient été acheminés aux cliniques universitaires.
La Pros.
© Copyright La Prospérité
Visiter le site de: La Prospérité
|