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RDC, Les élections de 2011: Ce qui constitue notre inquiétude

Salomon Valaka

Si l'histoire peut nous servir de référence et de leçon en ce qui concerne les réalités géopolitiques en Afrique, il y a alors sincèrement lieu de s'inquiéter sur ce qui se trame au Congo dans le cadre des élections présidentielles qui sont supposées avoir lieu en 2011.

Aujourd'hui, la chanson est entonnée dans toutes les bouches des Congolais partout où nous nous trouvons. Cette chanson s'intitule, bien entendu, « Elections 2011 ». Les hommes politiques Congolais au pouvoir et ceux à la touche ; ceux qualifiés de sérieux opposants au régime en place tout comme les prétendus ; bref tout les aspirants, commencent à prononcer des déclarations d'intention sur les élections présidentielles de 2011. Dans les coulissent, il semble que les enjeux hégémoniques des puissances étrangères ont déjà choisi « leur homme » alors que les tendances idéologiques et les partis politiques sur le terrain quant à eux, se positionnent. Certaines alliances commencent également à se lier au niveau des partis.

Ce positionnement des uns et les déclarations d'intention des autres ne peuvent qu'être loués. Dans le cas précis de la RD du Congo, ce fait paraît même impératif considérant le fait que ceux qui veulent s'attaquer à l'homme au pouvoir ont, en Joseph Kabila Kabange, un lion sauvage à déloger. Comme pour la plupart de ses opposants, le lion se positionne et tout reste à croire qu'il n'a pas vraiment en vie de quitter son fief. Comme pour tout opposant en exercice, Kabila dispose des fonds qu'il pourra mettre à son profit; fonds qu'il est prêt dépenser tant bon lui semble. Pas plus tard que ce soir, nous venons d'apprendre que des milliers des jeunes de Kinshasa viennent de marcher en soutient au Président Kabila. Ses mauvaises langues rétorquent que cet exercice est plutôt la réponse typique du Lion aux masses qui se sont mobilisées le 8 décembre pour accueillir l'homme de Limeté. Question de prouver que lui aussi, dispose la magie de mettre les Kinois sur les rues. Il dispose aussi des moyens de déplacement qu'il pourra mettre à profit pour atteindre tout coin du pays qu'il juge bon de visiter. Dans un pays où les moyens de communication font encore défaut, le déplacement physique des candidats s'avère impératif pour véhiculer leurs messages. Ceci laisse à croire que le processus électoral est un schéma politique qui appelle une préparation logistique intense tant au niveau des candidats, au niveau des partis politiques qu'au niveau du pays. Et c'est précisément à ce niveau que notre inquiétude, qui est double, trouve son fondement :

1. La chanson sur les élections qui doivent avoir lieu, en principe en 2011, se trouve ancrée dans toutes les lèvres des Congolais, tant dans la diaspora qu'au pays. Maintenant nous devons nous rappeler que 2011 c'est pratiquement dans quatre jours. A moins que nous vivons dans une autre planète, nous pouvons d'emblée affirmer que personne ne connait exactement la date à la quelle ce grand événement politique aura lieu au Congo. C'est qui est une honte pour nous tous qui acclamons l'avènement des élections de 2011. Que ceux qui sont informés du mois et de la date nous disent clairement quand est-ce ces élections auront bien lieu.

Par ailleurs, il semble que l'adage selon lequel « c'est en temps de paix que l'on prépare la guerre » ne trouve pas encore son importance dans la vie politique au Congo, spécialement en ce qui concerne le processus électoral. Car il s'agit bien d'un processus. Sauf si nous voulons des élections qui, au départ, sont déjà marées des irrégularités et donc vouées à l'échec et à des manigances qui feront appel à rien d'autre qu'au trouble qui se pointe au bout de l'horizon, ce processus doit faire appel aux paramètres internes qui sont monumentaux : l'enregistrement des électeurs sur toute l'étendue de la république et l'octroi de la carte d'électeur pour établir une nette différence entre ceux qui sont qualifiés à se présenter aux urnes et ceux accusés d'illégaux. A ce stade, nous devrions savoir déjà qui est celui et/ou celle qui fait partie de la Commission Electorale Indépendante. Au cas où cette institution est déjà mise en place, la question qui se pose est alors celle de savoir quels préalables déjà amorcés pour éviter d'emblée cette autre chanson, « Fraude », qui vient automatiquement après des élections dans la majorité des pays Africains ?

Dans son discours à la Nation, Président Kabila a réitéré sa promesse de la tenue des élections présidentielles au Congo en l'an 2011. Nous sommes au seuil de l'an 2011. Nous posons la question au Président Congolais, aux membres du Parlement Congolais et aux candidats aux élections présidentielles de 2011 de bien vouloir nous dire non seulement à quelle date exacte ce grand événement politique aura lieu dans notre pays, mais aussi les Congolais veulent bien savoir quelles sont les avant-gardes déjà prises pour ne pas permettre aux Congolais de crier ou de chanter le vocable « Fraude » le moment venu.

2. Il y aura bien des candidats qui vont se déclarer capable déloger Kabila de son « fief ». La liste sera assurément longue car beaucoup des Congolais, semble t-ils, ont cru avoir déniché la formule magique pouvant remettre cette grande nation qui est la nôtre, et qui demeure, depuis la Conférence du Berlin, la convoitise du monde, sur le chemin du décollage économique.

Parmi ces personnes, il y a bien entendu, le Président incontesté de l'Union Pour la Démocratie et le Progrès Social, l'UDPS, Mr. Etienne Tshisekedi. Mr. Tshisekedi est rentré au Congo après une longue absence de trois ans au pays. Si l'accueil lui réservé, à son arrivée, le 8 décembre dernier par les Congolais à l'aéroport de N'djili et, semble t-il, à travers toute l'étendue du territoire national est une indication, Président Kabila doit alors savoir qu'en « Tshitshi » il a bien un opposant de taille. D'ailleurs, les pronostiqueurs avancent déjà qu'Etienne Thsisekedi est le seul opposant de taille qui peut inquiéter Président Kabila. L'homme de Limeté aurait même déclaré que cette fois-ci il n'ira, non seulement jusqu'au bout, mais il doit occuper la présidence. Et c'est justement là ou est notre seconde inquiétude.

Nous sommes contents pour Mr. Tshisekedi, lui qui a toujours professé d'un Etat de Droit, d'avoir compris que la présidence d'un pays ne peut s'octroyer que par des élections viables et sérieuses. Nous ne savons pas exactement qu'est ce qui a changé en 2011 pour lui d'avoir saboté l'opportunité de 2006, mais pour lui, comme nous tous, nos regards sont tournés vers l'avenir.

Cela étant dit, nous voudrions que Mr. Tshisekedi sache qu'être un candidat présidentiel est une chose. Gagner des élections en est une autre. Aujourd'hui, l'homme de Limeté s'est déclaré un Candidat qui tient à aller jusqu'au bout.

Premièrement, nous invitons Mr. Thisekedi de prendre connaissance de notre première inquiétude dont l'argument est ci-haut mentionné. Est-ce l'homme qui professe l'Etat de Droit peut-il assurer le peuple Congolais que tout le mécanisme du processus électoral est en place pour ne pas crier au fraude en cas d'une certaine victoire du camp opposant. A ce niveau, l'exemple de la Côte d'Ivoire devrait nous servir de leçon. Si tous les paramètres internes furent mis en place pour produire des élections translucides en Côte d'Ivoire, quelles garanties dont disposent Mr. Thsisekedi ou Président Kabila pour que ce qui s'est passé chez nos confrères Ivoiriens ne se répètent pas au Congo, le moment venu ?

Deuxièmement, Mr. Thisekedi a capturé les cœurs de beaucoup au point que certains Congolais naïfs semblent déjà le couronner Président de la République sans pourtant avoir gagné une quelconque élection, pire sans avoir lu un projet de société du Parti UDPS.

Nous ne disons pas que Mr. Tshiseki n'est pas éligible. Au contraire ! Quand bien même l'homme de Limeté dispose de tous ses atouts, nous posons la question de savoir c'est que Mr. Tshisekedi compte accomplir pour les Congolais si jamais ces derniers lui faisaient assez confiance et lui offrir, enfin, le portefeuille de la magistrature suprême du Congo, ce poste pour lequel il a lutté toute sa vie. Cela devrait être bien étalé sur un document, comme La Manifeste de la N'Sele pour qu'aux élections prochaines, l'homme et son parti soient tous tenus responsables. Il est du reste de même pour Mr. Joseph Kabila Kabange.

Salomon Valaka
valaka100@hotmail.com

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28/12/2010

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