TRAVAIL ET DIALOGUE
Page d'accueil
A propos de nous
Correspondance et Retrouvailles
Interviews, Entrevues...
Musique
Forum
Emploi
Notes de lecture
Liens

Crise en RDC: Kinshasa et Kigali d'accord pour un sommet international

GOMA (AFP) - 31/10/2008 22h40

Les présidents congolais et rwandais ont accepté vendredi, sous la pression internationale, de participer à un sommet sur la crise dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où une énième flambée de violences a déplacé des dizaines de milliers de personnes.

Un chassé-croisé diplomatique était en cours entre Kinshasa, Kigali et Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, avec les visites du commissaire européen à l'Aide humanitaire Louis Michel, de la secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines Jendayi Frazer, ainsi que des chefs des diplomaties française et britannique, Bernard Kouchner et David Miliband.

Louis Michel a d'ores et déjà annoncé les premiers résultats de cet intense effort diplomatique, vendredi soir en quittant Kinshasa: les chefs d'Etat de la RDC et du Rwanda, Joseph Kabila et Paul Kagame, ont "marqué" leur "accord" pour participer à Nairobi, sous l'égide de l'ONU, à un sommet pour "mettre fin aux causes qui minent l'est" de l'ex-Zaïre.

L'organisation d'une telle réunion butait jusque-là sur le refus de Paul Kagame, qui affirmait que le conflit était une affaire intérieure congolaise.

Après des jours de combats entre armée régulière congolaise et rebelles, Goma a connu vendredi une accalmie même si la tension persistait avec les hommes du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda à ses portes.

Mais des dizaines de milliers de déplacés, chassés de chez eux par les combats, étaient jetés sur les routes et la "situation restait clairement extrêmement dangereuse", selon l'ONU.

"Plusieurs camps de personnes déplacées" près de Rutshuru, à 90 km au nord de Goma, "ont été vidés par la force, pillés et brûlés", a dénoncé le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), "extrêmement préoccupé" par les sort des quelque 50.000 habitants de ces sites.

Des exactions, selon le HCR, ont été commises "par les troupes rebelles" du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda.

Un autre camp de déplacés, celui de Kibati, à une dizaine de kilomètres de Goma, avait déjà été abandonné par quelque 45.000 personnes lors de l'avancée rebelle.

Ces derniers jours à Goma "la plupart des pillages ont été commis par des soldats appartenant aux forces gouvernementales", a de son côté accusé la Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navanethem Pillay, dénonçant "des viols et meurtres".

Les forces de Nkunda, qui mis l'armée en déroute l'armée en début de semaine, ont campé sur leurs positions vendredi à 10 km de Goma, respectant le cessez-le-feu unilatéral qu'elles ont décrété mercredi.

A Goma même, un timide retour à la normale a été constaté vendredi. Des magasins ont rouvert, et des dizaines de personnes, à pied ou en taxi-motos, ont regagné leur maison au nord de Goma, après avoir fui en direction de la ville en début de semaine.

Dans les environs de Kibumba, à 30 km de la capitale provinciale, les déplacés de retour ont découvert un spectacle de désolation et la plupart des habitations pillées.

Quelque 220.000 personnes ont dû abandonner leur foyer depuis la reprise des combats en août, portant à plus d'un million le total de déplacés dans le Nord-Kivu.

Cette nouvelle poussée de violence dans cette région très instable depuis le génocide de 1994 au Rwanda voisin préoccupe la communauté internationale qui s'est activement saisie du dossier.

Bernard Kouchner, dont le pays assure la présidence de l'Union européenne (UE), et David Miliband étaient attendus ensemble dans la nuit de vendredi à samedi à Kinshasa et devaient ensuite se rendre à Goma et au Rwanda.

"C'est un massacre comme il n'y en a probablement jamais eu en Afrique", a déclaré le ministre français qui faisait apparemment allusion aux violences qui secouent l'est de la RDC depuis plus de 10 ans.

A Bruxelles, les pays de l'UE ont privilégié l'option diplomatique, sans décider d'envoyer une force militaire comme l'avait proposé Paris. Même ligne à l'ONU, qui a appelé toutes les parties au dialogue, et à l'Union africaine (UA), qui a souhaité une action internationale "coordonnée".

Les autorités congolaises accusent le Rwanda, dont le pouvoir est dominé par la minorité tutsie, de soutenir le CNDP, qui affirme protéger les Tutsis congolais des Kivu. Kigali rejette ces accusations.

© 2008 AFP

© Congo Vision


 RDC: les efforts diplomatiques européens portent leurs premiers fruits

PARIS (AFP) - 31/10/2008 21h24

L'accord du Rwandais Paul Kagame et Congolais Joseph Kabila pour la tenue d'un sommet pour la paix dans l'est de l'ex-Zaïre est un premier succès pour la diplomatie européenne, qui poursuit ses efforts avec la visite de Bernard Kouchner et David Miliband dans la région.

Les deux présidents ont donné leur "accord" pour participer à une telle réunion, a annoncé à Kinshasa le commissaire européen au Développement et à l'aide humanitaire Louis Michel.

M. Michel, qui a effectué une tournée qui l'a mené également à Goma (capitale provinciale du Nord-Kivu, est) et Kigali, avait indiqué plus tôt que le sommet pourrait avoir lieu à Nairobi.

La réunion permettrait "de trouver une solution par le dialogue", a-t-il dit.

Joseph Kabila accuse le Rwanda de soutenir les rebelles du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, ce que Kigali dément.

Les autorités rwandaises dénoncent de leur côté l'alliance qui unit selon elles sur le terrain l'armée congolaise aux rebelles hutus rwandais.

Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence de l'UE, s'est entretenu vendredi avec les deux chefs d'Etat. Il "partage" avec M. Kagame "la nécessité de rétablir au plus vite la paix dans la région par la voie du dialogue politique" et a assuré M. Kabila du "soutien total de la France", selon l'Elysée.

L'option diplomatique a été privilégiée par l'Union européenne (UE), après le rejet de la proposition française d'envoyer des soldats au Nord-Kivu pour y accomplir une mission humanitaire en appui à la Mission de l'ONU en RDC (Monuc).

L'annonce d'un possible sommet est survenue alors que le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, et son homologue britannique David Miliband étaient en route pour la RDC et le Rwanda "avec l'espoir de rétablir la paix", selon M. Kouchner.

Avant de partir, M. Kouchner avait dit que la délégation allait tenter "à Kinshasa, à Goma (capitale provinciale du Nord-Kivu), et à Kigali de renouer les contacts, qui n'ont jamais été complètement rompus d'ailleurs, et d'établir d'abord peut-être un apaisement, et ensuite de nous diriger, les uns et les autres, vers des pourparlers de paix".

"C'est un massacre comme il n'y en probablement jamais eu en Afrique qui est en train de se dérouler presque sous nos yeux", a-t-il dit, faisant apparemment allusion aux violences qui secouent l'est de la RDC depuis plus de 10 ans. "Il n'est pas question de laisser ça se perpétrer", a-t-il ajouté.

Les combats entre les rebelles et l'armée, qui ont repris fin août, constituent une nouvelle poussée de violence dans l'est de l'ex-Zaïre, frontalier du Rwanda, qui n'a connu que peu de répit depuis le milieu des années 9O.

Les guerres de 1996-1997 et 1998-2003 ont commencé dans le Kivu. La dernière a fait au moins 300.000 morts directs et plus de trois millions de victimes indirectes (violences, famine, maladies).

M. Kouchner, M. Miliband, et le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet doivent également évaluer les besoins humanitaires au Nord-Kivu, où des dizaines de milliers de civils ont été jetés sur les routes par les combats.

En début de semaine, Laurent Nkunda, dont les hommes se trouvent aux portes de Goma, a proclamé un cessez-le-feu unilatéral. La situation reste cependant très tendue.

La présence du ministre britannique, pays allié de Kigali dont il soutient la candidature au Commonwealth, aux côtés de M. Kouchner pourrait être précieuse pour Paris, les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda étant rompues depuis novembre 2006.

Kigali accuse Paris d'avoir été impliqué dans le génocide de 1994 au Rwanda, ce que la France dément.

"Il y a en effet des difficultés entre le Rwanda et la France, mais ça ne devrait pas nous arrêter à ce niveau", a déclaré le ministre français, qui s'était rendu à Kigali à janvier pour tenter de normaliser les relations.

© 2008 AFP

© Congo Vision


Congo: Kouchner évoque un «massacre comme il n'y en a probablement jamais eu en Afrique»

Le chef de la diplomatie doit se rendre ce soir dans l'est de la République démocratique du Congo pour tenter de rétablir la paix.

Le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, a estimé vendredi que l'est de la République démocratique du Congo était le théâtre d'un « massacre comme il n'y en a probablement jamais eu en Afrique », avant de se rendre dans cette région pour tenter de rétablir la paix.

« C'est un massacre comme il n'y en a probablement jamais eu en Afrique qui est en train de se dérouler presque sous nos yeux, avec plus d'un million de réfugiés, avec des attaques très précises, des mutilations sexuelles qui font partie des actes élémentaires de la guerre dans cet endroit », a déclaré M. Kouchner sur la radio Europe 1.

« Il n'est pas question de laisser ça se perpétrer », a ajouté le ministre, qui devait se rendre dans la soirée en RDC, avant une visite à Kigali, en compagnie de son homologue britannique David Miliband.

M. Kouchner a souligné qu'il partait ce soir « avec l'espoir de rétablir la paix, un espoir que nous caressons depuis longtemps, une paix qui a déjà été rétablie plusieurs fois et qui hélas se brise sur une réalité effrayante ».

« Nous tenterons à Kinshasa, à Goma et à Kigali de renouer les contacts, qui n'ont jamais été complètement rompus d'ailleurs et d'établir d'abord peut-être un apaisement, et ensuite de nous diriger, les uns et les autres, vers des pourparlers de paix », a dit le ministre français.

Les combats entre les rebelles du chef tutsi congolais Laurent Nkunda et l'armé congolaise, qui ont repris le 28 août en violation d'un cessez-le-feu conclu en janvier, constituent une nouvelle poussée de violence dans l'est de l'ex-Zaïre, qui n'a connu que peu de répit depuis le milieu des années 1990.

Quelque 220.000 personnes ont été déplacées depuis la reprise de ces combats en août, portant à plus d'un million le nombre total de déplacés.

Les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003 ont commencé dans les deux provinces du Kivu, la dernière a fait au moins 300.000 morts directs et plus de trois millions de victimes indirectes (violences, famine, maladies).

Interrogé sur la difficulté pour la France de faire pression sur le Rwanda, avec laquelle elle n'a pas de relations diplomatiques, M. Kouchner a répondu que « rien n'est plus urgent que de rétablir la paix »

« Il y a en effet des difficultés entre le Rwanda et la France, mais ça ne devrait pas nous arrêter à ce niveau: ce n'est pas la première fois que je me rends au Rwanda », a-t-il fait valoir.

M. Kouchner s'était rendu à Kigali en janvier pour trouver un moyen de resserrer les liens entre les deux pays. Kigali accuse Paris d'avoir été impliqué dans le génocide de 1994, ce que la France dément.

(AFP)

© Congo Vision



 
 
Copyright © 2008 Congo Vision. Tous droits réservés.